Plantes médicinales

Comment confectionner des tisanes thérapeutiques

Le 29 novembre 2020 , mis à jour le 19 mai 2021 — 8 minutes de lecture
Note : cet article parle des propriétés des plantes médicinales utilisées en phytothérapie. Pour ne pas être déçus, veillez à utiliser des plantes 100% pures et naturelles, sans colorants ni conservateurs et non ionisée.

L’utilisation des plantes sous forme de tisanes thérapeutiques pour se soigner remonte à la nuit des temps. Depuis que l’homme est homme, il cueille et utilise les plantes pour sa santé. Ces pratiques ancestrales, encore trop souvent placées au rang de remèdes de grand-mère, sont pourtant d’une efficacité majeure. Toutefois, il ne faut pas confondre tisane de bien-être et tisane thérapeutique. Tout dépend de la manière de travailler les plantes, de la cueillette à la mise en sachets. La vraie tisane thérapeutique, issue de plantes bien cueillies, bien séchées et bien coupées est riche en principes actifs et fortement bénéfique pour la santé. Je vous explique tout ça !

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Tisanes thérapeutiques : une étude approfondie

J’ai étudié le sujet des tisanes thérapeutiques lors d’une formation aux plantes médicinales avec l’ELPM, avec des herboristes de renom. C’est avec un réel plaisir que je partage ces connaissances avec vous ! 

L’importance de la plante utilisée dans les tisanes thérapeutiques

Contrairement aux huiles essentielles dont on extrait uniquement certaines molécules (les molécules aromatiques), les plantes utilisées en tisane thérapeutique possèdent la totalité de leurs principes actifs. On appelle cela le « totum », qui désigne la globalité des principes actifs d’une plante. Une tisane infusée avec de l’eau comme simple réhydratant possède bien plus de pouvoirs curatifs que d’autres formes galéniques. C’est le cas des gélules de plantes que l’on prend par voie orale. On ne connaît pas, la plupart du temps, leur mode de séchage et de broyage des plantes.

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La notion de « totum » en bref

Le « Totum » est l’ensemble des molécules d’une plante, qui agit globalement et sur différents symptômes. Pour exemple, les fleurs de reine des prés sont parfaites pour soulager les rhumatismes. En effet, elles contiennent conjointement des flavonoïdes avec un effet diurétique, et des salicylés à l’action anti-inflammatoire. En parallèle, le « totum » d’une plante agit sur différents troubles, c’est le cas de la mélisse. Cette plante possède de nombreuses vertus, dont celle de protéger les muqueuses gastro-intestinales. En parallèle, elle procure une action relaxante sur le système nerveux. Le « totum » d’une plante est bien mieux toléré par l’organisme qu’une unique molécule isolée (c’est le cas de la plupart des médicaments), avec très peu d’effets indésirables.

Comment différencier les tisanes thérapeutiques des tisanes de bien-être ?

Les tisanes thérapeutiques, qui agissent à des fins médicinales, sont naturellement riches en principes actifs grâce à toutes les molécules qui les composent. Les tisanes du commerce sont, pour bon nombre, des tisanes fabriquées de manière industrielle, avec bien peu de considération pour la plante et de ses principes actifs. En effet, un séchage anarchique et le broyage en poudre les rend en partie débarrassées de leurs vertus. Les petits sachets de plantes vendus en boite dans le commerce, avec un marchandisage attractif et photogénique, n’ont de bon que le goût. Pour ma part, pour compter sur un effet thérapeutique, je préfère acheter mes plantes en herboristerie et créer mes propres synergies. Cependant, une petite tisane goûteuse de temps à autre, pour agrémenter un goûter ou le soir après le dîner, est très agréable !

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Une cueillette raisonnée

Il faut tout d’abord s’assurer que la cueillette ait lieu au bon moment, c’est à dire lorsque les principes actifs de la plante sont à leur apogée. A titre d’exemple, les racines se récoltent plutôt en hiver au moment où les principes actifs retournent à la terre. Les cynorrhodons se cueillent eux aussi en hiver, généralement après les premières gelées pour qu’ils soient plus mous et sucrés. Le thym et le romarin, pour leur part, se cueillent plutôt l’été, à leur plein potentiel. A la Saint-Jean comme on dit ! On cueillera alors les sommités (parties aériennes) et les branches. Il faut bien sûr veiller à faire des cueillettes raisonnées, en ne cueillant qu’une quantité « raisonnable ».

La découpe et le séchage des plantes

L’objectif du séchage des plantes est de les conserver longtemps, pour pouvoir les utiliser tout au long de l’année. Pour conserver tous leurs principes actifs, elles doivent passer par un processus de séchage et de découpe adéquats. L’été le séchage se fait à l’ombre dans un endroit bien ventilé. A l’automne, et notamment pour les racines, on peut les faire sécher au four à 50° maximum, ou encore en les plaçant au dessus d’un radiateur. Les plantes doivent ensuite être découpées menu, mais surtout pas réduites en poudre. A noter qu’une plante convenablement séchée et débarrassée de son eau est loin d’être une plante morte. L’eau extraite au séchage sera réassimilé sous forme de tisane, et les principes actifs de la plante reprendront tout leurs pouvoirs. Une plante convenablement séchée se conserve entre un et deux ans.

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Certaines plantes s’utilisent de préférence fraîches

Certaines plantes très aromatiques et odorantes ont des substances volatiles très fragiles, et perdent une partie de leurs vertus une fois séchées. C’est notamment le cas des plantes de la famille des lamiacées. Dans les espèces les plus connues, citons la mélisse, la menthe, les lavandes, toutes les espèces de thym, l’origan et la sarriette. C’est la cas également de la sauge, du romarin et du basilic. Celles-ci se cueillent à la saison optimale, c’est à dire l’été, et se consomment fraîches.

L’importance de la synergie de plantes pour multiplier leurs effets

Il est important, pour optimiser les bienfaits d’une tisane thérapeutique, de concocter un mélange avec plusieurs plantes. Cependant, il faut faire un dosage équilibré, tant pour la saveur et le goût que pour l’effet souhaité. Certaines plantes sont très amères, il est intéressant alors d’ajouter des plantes au goût sucré comme la réglisse, ou goûteuses comme la menthe, la mélisse ou la verveine. Les zestes d’agrumes séchés sont également très goûteux. Il faut aussi être attentif à la texture des plantes. Par exemple, les racines sont toujours plus lourdes que les fleurs et feuilles séchées. Ainsi, lors d’un mélange elle vont naturellement tout au fond du paquet. A moins de composer soi-même ses doses journalières en sélectionnant un mix des deux variétés, il est préférable de mélanger les racines avec les racines, et les fleurs et feuilles entre elles.

Quel est le mode de cuisson idéal pour une infusion de plantes ?

Il faut déjà bien faire la distinction entre les plantes nécessitant une cuisson (les racines entre autres, on appelle cela une décoction), de celles qui ne doivent pas être cuites à haute température. C’est le cas de la plupart d’entre elles. Voici la méthode qui m’a été enseignée à l’ELPM pour la préparation des tisanes composées :

Faire chauffer de l’eau dans une casserole, jusqu’au premier frémissement. Lorsqu’apparaissent les premières petites bulles, arrêter le feu. Jeter alors les plantes dans l’eau chaude, bien mélanger et surtout, étape très importante et même cruciale : couvrir pour ne pas laisser s’échapper les principes actifs des plantes. Laisser infuser une dizaine de minutes avant de servir.

Quel est le dosage et la posologie optimale ?

Pour le dosage, en règle générale, pour les plantes séchées on compte entre 5g et 20g pour un litre d’eau. Ce dosage est bien sûr à multiplier par 2 à 5 si l’on emploie des plantes fraîches, qui sont déjà gorgées d’eau. Il est préférables de ne pas consommer une même tisane avec les mêmes plantes au delà de trois semaines. Il convient d’observer un « jeun » pendant une semaine après 21 jours d’utilisation, et de varier les plantes utilisées. Toujours en règle générale, il est conseillé de prendre trois à quatre tasses de tisane par jour. Attention, ces informations sont données à titre indicatif. Gardons à l’esprit que chaque personne possède son propre terrain thérapeutique. Je recommande bien sûr la consultation d’un spécialiste en cas de maladie chronique et traitement médicamenteux.

Des idées de tisanes selon des maux courants

Dans cet article, voici des idées de plantes médicinales à utiliser en tisane selon les maux courants. Et aussi :

A vous de jouer ! 

 

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