Plantes médicinales

Le Gros Chiendent, roi des antiseptiques urinaires

Le 28 juin 2021 Mis à jour le 28 juin 2021 — 5 minutes de lecture
Note : cet article parle des propriétés des plantes médicinales utilisées en phytothérapie. Pour ne pas être déçus, veillez à utiliser des plantes 100% pures et naturelles, sans colorants ni conservateurs et non ionisée.

Le Chiendent Pied-de-poule (Cynodon dactylon) ou Gros Chiendent, ou encore l’Herbe des Bermudes est une plante vivace détestée des jardiniers et agriculteurs qui la considèrent comme une mauvaise herbe invasive, et  déploient moulte stratégies pour s’en débarrasser. Et pourtant, elle est d’une efficacité remarquable pour lutter contre les troubles urinaires et la rétention d’eau. Reconnue depuis plus de deux mille ans pour les bienfaits de ses racines, voici un portrait de cette plante commune mal-aimée et ses nombreuses vertus pour la santé.

Le gros chiendent : un peu d’histoire…

Quel drôle de nom, n’est-ce pas ? Serait-ce à cause de ses rhizomes à bourgeons coniques appelés « dent de chien », ou du fait que les chiens se servent instinctivement au printemps de ses feuilles fraîches pour se purger ? On ne sait pas trop… Ce que l’on sait c’est qu’elle se propage partout car elle se plaît partout, aussi bien en plaine en bordure des chemins, dans les champs de culture, qu’à deux mille mètres d’altitude. Le chiendent est reconnu pour les propriétés médicinales de ses racines depuis le premier siècle après JC. Honneur à Pline l’Ancien, naturaliste romain, auteur d’une gigantesque encyclopédie sur l’histoire naturelle, qui met cette plante en avant pour la toute première fois pour soigner les calculs rénaux.

Comment reconnaître le Chiendent ?

Le chiendent une plante formant une tige haute pouvant atteindre 1 mètre, et se terminant par des épis. C’est une graminée qui fait penser aux épis de blé ou de seigle. Les feuilles sont bien vertes et drues, les racines profondément enracinées sont difficiles à arracher. Elles se multiplient rapidement grâce aux graines et aux rhizomes et leurs stolons, qui opèrent à travers tout un réseau souterrain et aérien.

Les propriétés médicinales du chiendent

Plante diurétique, drainante et antiseptique urinaire par excellence, ce sont pas là ses seules vertus. Elle est également émolliente et antibactérienne et légèrement laxative. Par voie interne, la racine de chiendent agit sur la sphère urinaire, les reins et le foie (cystites et lithiases, calculs biliaires, coliques néphrétiques, rétention d’eau), grâce à sa forte concentration en fructosanes. Ces molécules ont la capacité d’augmenter le volume d’urines, tout en optimisant leur élimination. Une plante extraordinaire à utiliser pour drainer l’organisme ! La racine de chiendent agit aussi sur la sphère ORL (antitussive) et ostéo-articulaire (goutte, rhumatismes), comme sur la sphère digestive pour lutter contre la constipation chronique. En effet, elle stimule la digestion en optimisant le transit de la bile vers l’intestin. Enfin, on peut l’utiliser aussi en externe pour soigner les infections cutanées comme l’eczéma, les boutons d’acné, les dartres et la couperose.

Comment utiliser le chiendent

On trouve du chiendent sous diverses formes galéniques : teinture mère, extrait glycériné, gélules de plantes, ou plante en vrac. Comme on ne connaît pas toujours le pourcentage de concentration en plantes dans les gélules ou sous forme de teinture mère, nous recommandons d’utiliser du rhizome séché, au poids. De cette forme galénique, il est possible de confectionner soi même une infusion (méthode traditionnelle) ou un décocté (procédé plus long à effet plus prononcé).

Pour l’infusion, utiliser environ 40g de rhizomes pour un litre d’eau (ou 1 cuillerée à soupe par tasse d’eau chaude). Laisser infuser une dizaine de minutes, pas plus car le goût peut devenir âpre.

Pour le décocté (plus concentré, idéal pour traiter les rhumatismes) faire bouillir 30g de rhizomes pendant 1 à 2mn dans un litre d’eau. Jeter l’eau infusée qui sera amère au goût. Écraser ensuite les racines infusées et les refaire bouillir dans un litre d’eau en faisant réduire le volume (15mn environ). A l’arrêt de l’ébullition, ajouter 10g de réglisse pour contrecarrer le goût amère du chiendent. Laisser refroidir et filtrer. En savoir plus sur la méthode de fabrication des tisanes thérapeutiques.

Pour lutter contre la constipation

Une tisane laxative sera parfaite en mélangeant plusieurs plantes telles que le pissenlit, la pensée sauvage, et pour le goût à la menthe ou à la réglisse.

Pour soulager les cystites

Mélanger le chiendent à part égale avec de la verge d’or et des cônes de cyprès. Ajouter une plante goûteuse comme la menthe poivrée pour améliorer le goût.

Pour soulager le confort respiratoire, la digestion, la rétention d’eau et améliorer les syndromes prémenstruels

Mélanger le chiendent à part égale avec de l’achillée millefeuille et d’aspérule odorante.

Autres plantes intéressantes

– Le méliot pour son pouvoir antiseptique des voies urinaires. Cette plante prévient des éventuelles infections.

– La verge d’or pour son pouvoir anti-inflammatoire, elle diminue la sensibilité des parois vésicales et prévient des infections urinaires.

– La busserolle elle aussi un excellent antiseptique et anti-inflammatoire des voies urinaires.

Aller plus loin…

En savoir plus l’importance du drainage en phytothérapie.