Plantes médicinales

L’alchémille plante céleste des alchimistes

Le 25 avril 2021 , mis à jour le 17 juin 2021 — 5 minutes de lecture
Note : cet article parle des propriétés des plantes médicinales utilisées en phytothérapie. Pour ne pas être déçus, veillez à utiliser des plantes 100% pures et naturelles, sans colorants ni conservateurs et non ionisée.

L’alchémille est une plante médicinale connue de longue date qui possède une histoire symbolique. Son nom est issu du nom latin « Alchemilla », lui même apparenté à « Chimie, alchimie ». A l’époque, deux alchimistes mirent en lumière leur « eau céleste » issue des gouttelettes d’eau déposées par la rosée matinale entre ses feuilles. Ils utilisaient cette eau dans la préparation de leur « pierre philosophale », une présumée matière alchimique. Au Moyen Age, on utilisait l’alchémille pour fortifier les seins et l’appareil génital, et pour redonner leur virginité aux femmes. Soit ! Quoi qu’il en soit, l’alchémille possède de nombreuses vertus pour la santé et prend une place prépondérante sur le podium des plantes alliées des femmes. On vous explique tout ça dans cet article.

Description botanique de l’alchémille

Du nom botanique « Alchemilla vulgaris L » ou « Alchemilla xanthrochlora », l’alchémille est une plante de montagne, vivace et herbacée appartenant à la famille des rosacées. Appelée également « Plante des alchimistes », « Porte rosée » ou encore « Manteau de Notre-Dame », elle se reconnaît facilement par ses feuilles duveteuses en forme de lobes au pourtour dentelé. Couvre sol dans les bois et les prés, en quête d’humidité, elles forment tout un réseau circulaire aux tiges rougeâtres. Au printemps fleurissent des petites fleurs jaunes à verdâtres. Les parties aériennes (les feuilles sans leurs pétioles) sont utilisées en phytothérapie. On la trouve sous diverses formes galéniques, de la plante séchée pour les tisanes et décoctés, aux extraits liquides et teintures mères.

Les propriétés médicinales et modes d’utilisation de l’alchémille

L’alchémille s’utilise en interne comme en externe. En interne sous forme de décocté, poudre de plantes, teinture mère ou extrait fluide ; en externe sous forme de compresses ou bains de bouche de décocté. On peut aussi utiliser les jeunes feuilles d’alchémille pour agrémenter les salades.

Comment l’utiliser en interne et pour quels maux ?

En interne, son pouvoir « progestérone-like » (qui imite le potentiel de la progestérone) en fait un remède hormonal hors du commun. L’alchémille possède également un fort pouvoir hémostatique (qui diminue les saignements). On l’utilise pour équilibrer les cycles de règles irréguliers, l’hyperménorrhée, le syndrome prémenstruel, les affections vaginales comme la leucorrhée (pertes blanches), mais également les troubles de la pré-ménopause.

• L’alchémille est également stomachique, calmante et antidiarrhéique. La tisane apaisera les troubles de diarrhée bénigne et désordres gastriques.
• Elle est également diurétique, et accompagnera favorablement les régimes alimentaires.
• Antioxydante, l’alchémille régule la circulation sanguine. Elle est idéale pour lutter contre les jambes lourdes, l’insuffisance veineuse et les hémorroïdes.
• Sédative et apaisante, cette plante est idéale pour lutter contre les troubles du sommeil.
• On lui octroie volontiers des pouvoir de prévention contre les risques de fibromes.
• Elle serait aussi appropriée pour aider à la guérison des angines, soulagerait les maux de tête et les douleurs rhumatismales.

Comment l’utiliser en externe et pour quels maux ?

En externe, l’alchémille s’emploie sous forme de décocté (tisane longuement infusée et bouillie avec la plante), pour réaliser des bains de bouches ou des compresses.

• Elle possède des propriétés décongestionnantes et antiinflammatoires et est idéale pour décongestionner les jambes lourdes et les chevilles œdémateuses. A noter qu’ici on peut l’utiliser en interne comme en externe.
• En bain de siège, elle sera également parfaite pour traiter les infections vaginales comme les pertes blanches.
• Sous forme de compresses, elle favorise la diminution de la cellulite (tout comme en interne sous forme de tisane).
• Localement, elle aide à la diminution des vergetures (idéalement dans un baume de massage).
• Sous forme de bain de bouche de décocté, elle favorise une bonne hygiène buccale et soigne les aphtes.
• A forte teneur en tanins, l’alchémille est cicatrisante et favorise la guérison des plaies.

Comment faire une infusion ou un décocté

Pour les infusions (à boire) :
Plonger 20 à 30 g de feuilles d’alchémille (environ 2 cuillerées à soupe) dans 1 litre d’eau bouillante. Couper le feu, couvrir et laisser infuser une dizaine de minutes et boire 3 à 4 tasses de tisane par jour :

– Chaque jour précédant et pendant toute la durée des règles pour les troubles prémenstruels.
– Jusqu’à diminution des symptômes pour soulager les troubles gastriques et les angines.
– Chaque jour pendant la durée d’un régime alimentaire, pour réguler la circulation sanguine ou réduire la cellulite, sans dépasser trois semaines.

Pour les troubles prémenstruels et hormonaux, il est conseillé de mélanger à part égale l’alchémille avec l’achillée millefeuille et l’armoise.

Pour le décocté (à utiliser sous forme de bains ou de compresses) :

Plonger environ 60 g de feuilles d’alchémille (environ 4 cuillerées à soupe) dans 1 litre d’eau. Laisser bouillir une dizaine de minutes à couvert.

Comment utiliser l’alchémille sous forme de teinture mère ou d’extrait fluide ?

En règle générale, il faut compter entre 30 et 40 gouttes dans un verre d’eau, 2 fois par jour. Il convient cependant de bien lire les conseils indiqués sur la notice avant utilisation.

Les précautions d’emploi

L’alchémille est déconseillée pour les femmes enceintes. Etant « oestrogène-like », elle est contre indiquée pour les femmes prenant la pilule.