Médecines douces

La gemmothérapie de A à Z

Le 1 juin 2021 , mis à jour le 16 juin 2021 — 7 minutes de lecture

Depuis que l’homme est homme, il utilise la nature à des fins médicinales, pour sa santé et son bien être. Toutefois, ce n’est qu’au début du XXè siècle que le médecin naturopathe belge Pol Henry invente la gemmothérapie. A visée thérapeutique, cette « médecine des bourgeons » prend ses sources dans les tissus embryonnaires en tout début de croissance. Les molécules des bourgeons sont extraits par macération, et possèdent des propriétés bienfaitrices exceptionnelles. Mais alors, comment ça marche et pour quels maux et comment différencier les méthodes d’extraction ? On vous explique tout ça dans cet article.

Le bourgeon, késako ?

Tout le monde sait ce qu’est un bourgeon ? Globalement oui, mais dans le détail non. En effet, il existe plusieurs sortes de bourgeons qui n’auront pas les mêmes fonctions une fois éclos. Pas simple de faire la distinction entre les bourgeons floraux (qui donneront des fleurs) et les bourgeons foliaires, qui engendreront des tiges et des feuilles. Les bourgeons qui se présentent en fin de branche sont les bourgeons terminaux. Ceux là sont destinés à assurer la croissance de la longueur d’une tige. Les bourgeons auxiliaires (ou foliaires) s’occupent pour leur part de la ramification de la plante. Ils se trouvent sous les feuilles, ou à l’intersection des tiges. Tout un programme ! Et pour ne rien simplifier, il faut savoir que c’est la plante qui décidera, selon les conditions météorologiques, si elle va développer des fleurs, des feuilles, ou des branches… L’intelligence du monde végétal !
Dans tous les cas, le bourgeon est la version miniature d’un végétal, tel un embryon. Douillettement emmitouflé dans des écailles et des cires protectrices, tel le ventre d’une mère, le bourgeon est un véritable réservoir à cellules de croissance, porteuses de l’ensemble des éléments actifs de la plante, et nécessaires à son énergie vitale. C’est de cette forte concentration et de la jeunesse des tissus que découle un potentiel curatif très intéressant pour l’homme.

La gemmothérapie de sa naissance à aujourd’hui

Bien que délaissée pendant plus de cinq siècles, la médecine par les bourgeons était déjà utilisée à la renaissance et peut-être même dans l’Egypte antique. Au XIIè siècle, c’est Sainte Hildegarde, alors nonne au monastère bénédictin de Disibodenberg, puis médecin naturaliste, qui prescrit huit bourgeons d’arbres pour soigner ses patients : le bouleau, l’églantier, le cassis, le tilleul, le châtaignier, le frêne, le pommier et le peuplier. Ce n’est que dans les années 60 que le sujet revient dans les tablettes des chercheurs. Après avoir fait le constat que les bourgeons ont un fort potentiel de vertus sur les organes ciblés, la « phytoembryothérapie » voit le jour. Elle est inventée par le Dr. Pol Henry, médecin homéopathe belge. C’est en association avec le Dr. Max Tétau, qu’ils attribuèrent à cette pratique le nom de « gemmothétapie », et inventèrent ensemble une forme galénique de dilution des bourgeons au dixième : les solutions 1DH. Cependant, il existe aujourd’hui des formes moins diluées bien plus efficaces : les macérats mère. Aujourd’hui, la gemmothérapie est une branche à part entière de la phytothérapie, la seule différence étant la maturité de la plante utilisée. Mais alors, quels bourgeons et jeunes pousses utiliser en particulier, et pour soigner quels maux ?

Les vertus médicinales des bourgeons

En règle générale, les solutions à base de bourgeons s’utilisent :

  • Pour fortifier le système articulaire, musculaire et osseux.
  • Pour drainer l’organisme et l’aider à éliminer les toxines.
  • Pour renforcer le système cardiovasculaire et la circulation sanguine.
  • Pour renforcer le système immunitaire et l’aider à lutter contre les maladies.
  • Pour ralentir l’effet du vieillissement naturel des cellules.
  • Pour stimuler la mémoire et la concentration.
  • Pour le bien-être de la femme.
  • Pour lutter contre le stress et l’insomnie.

Quelques macérats de bourgeons et leurs utilisations

Voici quelques bourgeons largement connus et utilisés à des fins médicinales. Mais il en existe de nombreux autres :

  • Le cassis pour lutter contre les inflammations et fortifier l’organisme.
    Le bouleau pour protéger le système ostéo-articulaire et détoxifier l’organisme.
  • Le ginkgo biloba pour favoriser une meilleure mémoire et ralentir le vieillissement des cellules.
  • L’aubépine pour réguler le système cardio-vasculaire et protéger le coeur, mais aussi pour la mémoire, la concentration et le sommeil.
  • Le marronnier et le châtaignier pour tonifier le système circulatoire et lymphatique en cas de jambes lourdes ou d’hémorroïdes.
  • Le cornouiller sanguin pour réguler le système hormonal féminin.
  • La vigne pour soulager les douleurs inflammatoires et articulaires.
  • Le genévrier pour drainer le foie et la vésicule biliaire.
  • Le tilleul pour réguler le système nerveux et lutter conte le stress et l’insomnie.

Comment bien choisir son macérat de bourgeons ?

Il faut tout d’abord bien distinguer les deux méthodes de fabrication du macérat de bourgeons.

Le macérat mère

Dans cette méthode d’extraction, afin de préserver au maximum les molécules actives des bourgeons, ils sont utilisés frais et entiers. Après la récolte, ils sont mis en macération à 1/20ème du poids des plantes dans une solution liquide (un mélange d’eau, d’alcool à 90° et de glycérine). Ces trois solutions utilisées en synergie à raison d’un tiers de chaque liquide forment un solvant capable d’extraire les molécules des plantes. Au bout de trois semaines de macération accompagnée d’une agitation douce et régulière des bourgeons, a lieu l’extraction. Elle se fait pas filtrage, puis par pression douce. Cette méthode fournit une forme galénique appelée macérat mère ou macérat concentré.

Le macérat glycériné

On trouve également sur le marché le macérat glycériné qui est issu d’une autre méthode de fabrication. Le résultat est beaucoup plus dilué que le macérat mère. Il s’agit plutôt d’une dose de dilution homéopathique. Avec cette méthode, les végétaux embryonnaires sont broyés avant leur mise en macération dans un mélange à 50 % d’alcool et 50 % de glycérine. Après macération, ils subissent une extraction très forte et l’extrait est à nouveau dilué dans l’eau, l’alcool, et la glycérine. Bien moins concentré que le macérat mère, la posologie est donc beaucoup plus élevée : entre 50 et 150 gouttes par jour pour le macérat glycériné, contre 5 à 15 gouttes pour le macérat mère.

Note : la cueillette des bourgeons est fastidieuse et doit avoir lieu au bon moment, et doit avant tout respecter les cycles de la nature et les végétaux. Elle est réservée aux connaisseurs des bonnes pratiques de cueillette, qui garantissent la préservation des arbres et des plantes, mais aussi de leur environnement.